Présentation

Ceci est ma deuxième histoire, mettant elle aussi en scène Lionel Carsi, détective privé.
Je croise les doigts pour la finir, car la première, L'énigme de la boîte de timbres, n'est pas finie et je pense que je ne la finirai pas !
Sinon retrouvez moi sur Délirium , un blog que je fais avec deux amies, par ailleurs, elles aussi d'excellentes écrivains qui ont déjà plusieurs histoires à leur actif. N'hésitez donc pas à aller lire Les 7 péchés Capitaux, Lucy-Folie et Bloody-dance. Comme son nom l'indique, c'est du délire, ne vous attendez pas à trouvez quoi que ce soit de sérieux dessus !
Nico.

# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:17

Modifié le samedi 12 juillet 2008 16:28

1. Chapitre 1 : Petit dîner en famille

- Camille !
- Sophie !
Les deux jeunes femmes se serrèrent littéralement dans les bras. Puis Camille Randrillant se tourna vers l'individu qui l'accompagnait : Un homme d'une quarantaine d'année, grand et mince, aux cheveux courts et bruns, aux yeux marrons, à la lèvre surmontée d'une petite moustache, avec des lunettes, une pipe à la bouche. Il était vêtu d'un pantalon marron, d'une chemise blanche avec une cravate bleue, d'un gilet également bleu et d'une veste marron.
Camille reprit la parole.
- Sophie, je te présente mon ami Lionel Carsi, détective privé, dont je suis l'associée.
Lionel, voici Sophie de St Ouil, une de mes vielles amies !
- Enchantée Mademoiselle, dit Lionel en baisant la main de Sophie.
- Hum, hum ! détective privé, hein ? dit Sophie en fronçant les sourcils. De grâce, Monsieur Carsi, il n'y a aucun criminel dangereux par ici n'est-ce pas ?
Le village de St Raymond-sur-Mer n'était effectivement pas le village où l'on s'attendrait à croiser un criminel de quelque sorte. Niché au bord de la méditerranée, il avait tout d'un petit coin de paradis ! Il pouvait à lui seul contenter amoureux de la mer, de la ville ou de la campagne. Car, tout village qu'il soit, il n'en restait pas moins un gros bourg avec centre commercial, bureau de poste, bureaux de tabac, commissariat, église, café, école, collège, et lycée, mairie, boulangerie, boucherie et j'en passe ! Il devait contenir près de 10 000 habitants en cette saison estivale, mais le nombre avait la désagréable manie de diminuer sitôt l'hiver arrivé car la plupart des maisons n'étaient que des résidences secondaires !
Lionel s'empressa de rassurer Sophie, en lui assurant que selon lui, aucun criminel n'avait établi ses quartiers d'été ici !
- Comme aux détectives, il arrive aussi aux criminels de prendre des vacances, Mademoiselle, assura Lionel avec un sourire.
- J'en suis certaine ! Vous savez Monsieur Carsi, les histoires de crimes me passionnent ! Je crois pouvoir affirmer sans mentir que j'ai lu un bon nombre de tous les grands romans policiers ! Et je dévore les « Faits divers » avec une passion qui met mon père dans une rage... Mais enfin, que voulez-vous ! Il appartient à la vieille école ! Pour lui, le crime est une affaire d'homme !
- Il serait surpris de savoir combien de femmes criminelles ai-je croisé au court de ma carrière !
- Bien-sûr ! renchérit Camille. C'est du machisme pur et simple !
- En ce qui me concerne, dit Lionel, je ne trouve pas l'adjectif « criminel » très glorifiant pour qui que ce soit, et je pense que la gente féminine aurait fort bien pu se passer de celui-ci ! Mais ce n'est qu'une opinion personnelle !
- Tout à fait d'accord avec vous Monsieur Carsi, approuva Sophie.
Alors que Lionel allait répliquer à Sophie, Camille intervint :
- Loin de moi l'idée de mettre un terme à cette passionnante conversation, mais je déteste parler debout ! Pourquoi n'irions-nous pas prendre un verre quelque part ?
- Ce serait avec grand plaisir, dit Sophie. Mais j'ai rendez-vous chez le médecin ! Il doit d'ailleurs m'attendre ! Mais que diriez-vous de venir dîner ce soir au Fort ?
- Oh ! dit Lionel. Mais c'est que nous ne voudrions à aucun prix nous immiscer dans votre réunion familiale !
- Oh ! mais je vous assure, vous ne dérangerez personne - sauf peut-être mon père, mais j'en fait mon affaire !
- Dans ce cas pourquoi pas !
- A ce soir alors ! 19 heures ! Rendez-vous au quai 45, j'enverrai un bateau vous chercher !
- Pas la peine, dit Camille. Nous prendrons mon catamaran.
1. Chapitre 1 : Petit dîner en famille

# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:27

Modifié le samedi 12 juillet 2008 18:06

2.

Le soir même, à l'heure dite, Lionel et Camille se rendirent au Fort. Situé sur une île, à quelques kilomètres des cotes, il était entouré de remparts en pierres. Un petit escalier montait de la mer jusqu'à une massive porte en bois. Camille frappa à la porte à l'aide d'un magnifique heurtoir de cuivre. Après quelques secondes d'attente, la porte s'ouvrit sur un homme grand et maigre, d'une cinquantaine d'années, vêtu d'une vielle jaquette de domestique. Après s'être effacé pour les laisser entrer, il les débarrassa. Ils traversèrent le hall gigantesque jusqu'à un magnifique patio, dans lequel des tables avaient été dressée pour l'occasion.
En les voyant arriver, le maître de maison, le baron Charle de St Ouil s'avança, un verre de whisky à la main, un cigare à la bouche.
C'était un homme de soixante dix ans, avec des moustaches, de petites lunettes et des yeux perçant. Camille remarqua au premier coup d'½il, qu'hormis sa chevalière à l'auriculaire droit, il portait toujours son alliance. Son épouse étant pourtant décédée, il y a de cela trois ans.
Il embrassa chaleureusement Camille et serra la main à Lionel.
- Permettez-moi de faire les présentations. Voici mon fils, Henri...
« C'est donc ça, Henri de St Ouil » pensa Lionel. Le futur baron était effectivement un grand avocat d'affaire. On l'appelait « l'avocat des causes perdues. » Il avait en effet défendu lors de son premier procès une femme que tout accusait du meurtre de son époux et de ses trois enfants. A quelques secondes de l'énoncé du verdict, le vrai coupable c'était rué dans la salle d'audience pour avouer son crime. Il obtint ainsi d'un jury médusé l'ajournement du procès avant l'acquittement de sa cliente et la condamnation du véritable coupable à la réclusion criminelle à perpétuité avec vingt-deux ans incompressibles.
C'était un homme d'une quarantaine d'année, grand et maigre. Il serra la main à Lionel avec chaleur.
- Et voici ma belle-fille, Marie-Ange...
C'était une grande femme blonde, aux yeux bleus. Elle portait ce soir là une robe d'un rouge éclatant, sur laquelle était attachée une broche en or. Elle avait une croix autour du cou. Elle tenait dans une main un fume-cigarette en ivoire. Ce fut donc son autre main, étincelante de bijoux qu'elle tendit à Lionel, qui s'empressa de la lui baiser.
Son père poursuivi les présentations.
- Vous connaissez déjà ma fille, Sophie, voici son fiancé, Romain Toscan...
Romain devait avoir à peu près le même âge que Lionel. Trente cinq ans, tout au plus. C'était un bel homme grand, brun aux yeux noisette. Il fumait lui de petites cigarettes russes. Les deux hommes se serrèrent la main. Ensuite, le Baron abandonna ses hôtes à Romain et Sophie, mes laissant prendre l'apéritif.
Ils firent la conversation, puis, à 19 heures 30, Nestor annonça le dîner.
Tout le monde se dirigea alors vers l'immense salle à manger.
Durant le dîner, le beau sexe sembla particulièrement ravi d'avoir un détective dans la maison.
- Racontez-moi, Monsieur Carsi, le pressa Sophie, racontez-moi une de vos affaires.
- Cesse donc d'importuner Monsieur Carsi avec ces horreurs, grommela son père en bout de table. D'autant qu'en matière de crime, tu me sembles mieux placé que lui pour en parler.
Il y eut un silence gêné. Puis Lionel demanda calmement au Baron ce qu'il voulait dire. Le Baron lui expliqua alors, que, comme sa fille, sa belle-fille se délectait de tout ce qui touchait au crime, de près ou de loin.
- Ah ! je comprends ! sourit Lionel. Votre fille nous a effectivement rapporté que vous êtes ce que l'on pourrait appeler - pardonnez-moi - vieux jeu ! Pour vous le crime est une affaire d'homme, n'est-ce pas ?
Charles de St Ouil opina du chef.
- Pourtant, comme je le rapportais ce matin à Mademoiselle votre fille, j'ai rencontré au cours de ma longue carrière un nombre de criminelles innombrables. Et qui ne faisaient pas dans la dentelle, c'est le moins que l'on puisse dire...
- Vous pensez à Lucrèce Borgia ? dit le Baron.
- Qui est aujourd'hui innocentée par les historiens, rappela Lionel. Oh ! non je n'ai pas eu l'honneur de la connaître. Non, je pensais à ces criminelles, qui ont l'air si gentilles, mais qui cachent derrière cette apparente douceur un cerveau froid et calculateur...
- Dieu du Ciel, je vous en prie, cessez Monsieur Carsi, déclara Marie-Ange, J'en ai des frissons partout !
- D'accord, d'accord, madame, j'en arrête là avec Lucrèce Borgia.
Le dîner se poursuivit ainsi, et Lionel fut frappé de voir le fossé qui semblait séparer le Baron de sa famille. L'ambiance n'était pas du tout celle que l'on pourrait attendre des retrouvailles d'une famille heureuse. Oui, pensa Lionel, il régnait ici une atmosphère bizarre.

Vers 21 heures tout le monde se retira dans le grand salon pour prendre le café.
- Qui joue à la bataille ? demanda Marie-Ange.
Sophie et Romain acceptèrent. En revanche, le Baron annonça qu'il avait à travailler avec son secrétaire Laurent Kipouch. Il souhaita donc le bonsoir à ses invités puis monta dans sa tour où se trouvait sa chambre et son cabinet de travail. Henri se déclara fatigué et alla se coucher.
- Ma foi Monsieur de St Ouil, je vais vous imiter, dit Lionel. Je suis un couche tôt.
Lionel et Camille remercièrent donc leurs hôtes et quittèrent le Fort.
2.

# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:30

Modifié le samedi 12 juillet 2008 18:10

3. Chapitre 2 : Le Meurtre

Lionel dormit mal cette nuit là. Il rêva qu'il était dans un bal masqué dans ce qui devait être un cachot. Il y avait des gens étranges dans ce bal. Soudain, une femme avec une toge blanche et des cheveux roux bouclés, une croix autour du cou, s'approchait de lui, une flûte de champagne à la main. Lionel reconnut aussitôt Lucrèce Borgia. « Bois, mon mignon, bois » lui disait-elle. « Non, non » dit Lionel. L'empoisonneuse, un sourire mauvais flottant sur ses lèvres l'obligeait alors à avaler le poison... Il ressentait alors d'horribles brûlures dans son estomac. Puis il vacilla. A l'instant même ou il s'effondrait, des cloches sonnaient...
Lionel se réveilla en sueur. Il était tombé du lit. « Ouf, se dit-il, ce n'était qu'un horrible cauchemar ! » Pourtant, il entendait encore des cloches sonner... Il réalisa aussitôt que c'était la sonnerie du portable de Camille qui était posé sur sa table de nuit. Il répondit aussitôt et la voix affolée de Sophie de St Ouil lui annonça que son père avait été assassiné dans la nuit.
Il réveilla aussitôt Camille. Ils se douchèrent et s'habillèrent en quatrième vitesse, puis, se privant de petit déjeuner, ils bondirent dans le catamaran de Camille. Direction, le Fort.
3. Chapitre 2 : Le Meurtre

# Posté le samedi 12 juillet 2008 17:59

4.

- Ah ! Monsieur Carsi ! Dieu merci, vous êtes là, dit Sophie en lui bondissant dans les bras.
Elle éclata alors en sanglot. Lionel tenta tant bien que mal de la rassurer puis s'enquit auprès du brigadier posté dans la cour de savoir où était le corps.
- Dans son cabinet de travail, dans la tour, répondit-il. Je vous y accompagnerai bien, mais je suis contraint de rester ici.
- Ne vous en faites pas brigadier, répondit Sophie, déjà beaucoup mieux. J'accompagnerai Monsieur Carsi.
Ils traversèrent le patio, franchirent la porte et montèrent le petit escalier en colimaçon qui menait au cabinet du défunt. C'était une pièce circulaire, dans laquelle on pouvait trouver un bureau en noyer massif, avec deux fauteuils en bois sculpté un devant, et un derrière. A côté d'une cheminé, se trouvait un tapis sur lequel était étendue la dépouille mortelle de feu Charle de St Ouil.
A l'intérieur de la pièce s'activait le médecin légiste, un spécialiste des empreintes de la police technique et scientifique, et un photographe de l'Identité Judiciaire. Le commissaire principal Forez complétait le tableau, secondé par le lieutenant Rallant.
- Qu'est-ce que c'est que cet énergumène, grommela Forez en désignant Carsi de la tête.
- Cet « énergumène », comme vous dites, commissaire principal, dit froidement Sophie, qui avait déjà retrouvé beaucoup plus d'assurance, est mon ami. Il s'appelle Lionel Carsi, il est détective privé et il va, à ma demande, enquêter sur cette affaire.
- Ridicule, dit Forez, il ne réussira pas mieux que nous. Maintenant, chère Mademoiselle, vous nous excuserez mais nous avons à faire, déclara Forez.
Et il quitta la pièce avec un démarche des plus hautaines, Rallant sur ses talons.
« Quel individu stupide » pensa Sophie.
Puis elle se tourna vers Carsi et lui informa que tout était à sa disposition.
Après avoir jeté un coup d'½il au corps, Lionel interrogea le légiste.
- Alors docteur ?
- Mort subite suite à un coup de couteau en plein c½ur...
- Vous avez une idée sur l'arme du crime ?
- Bien sûr, elle est resté plantée dans le corps.
Et il montra dans une pochette plastifiée un petit coupe-papier.
- Mais c'est le coupe-papier de mon père ! s'exclama Sophie.
- Bien possible, dit le légiste en haussant les épaules.
- Des empreintes ? demanda Lionel.
- Oui, celle de la victime.
- Suicide ?
- Drôle de manière de se suicider, vous ne trouvez pas ?
- En effet. Vous avez un idée sur l'heure de la mort ?
- Je dirais il y a dix-douze heures.
- Hm, ce qui situerai le crime entre 21 heures et 23 heures.
- Exact. Néanmoins, la montre du défunt c'est arrêtée sur 21 heures 56.
- Nous aurions ainsi l'heure du crime ?
- Faut croire.
- Très bien ! merci infiniment docteur. Au fait pourrai-je vous demandez une faveur ?
- Ca dépend laquelle ?
- Pourriez-vous me faire parvenir discrètement une copie du rapport d'autopsie ? Car j'ai bien l'impression que le commissaire Forez à l'intention de me mettre des bâtons dans les roues.
- Entendu ! dit le médecin, ravi. Ca fait longtemps que j'ai envie de faire un sale coup au vieux Forez. Je serai enchanté de vous rendre ce service. A quel adresse dois-je le faire parvenir ?
- A l'hôtel...
- Rien du tout ! l'interrompit Sophie. Monsieur Carsi, Camille, vous allez vous installer ici ! Je vais envoyer quelqu'un récupérer vos bagages à l'hôtel.
- C'est trop aimable à vous Mademoiselle.
- J'enverrai donc le rapport ici ! Et bien je vous souhaite le bonjour, oh ! et toutes mes condoléances Madame !
4.
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# Posté le samedi 12 juillet 2008 18:05